Toute compétence est un bien public.

Retour sur la Restitution du Panorama du pro bono

09 Avril 2010 par Margault Lacoste

Le 4 avril dernier à la Mairie du 3ème de Paris, le Centre d'Expérimentation de Pro Bono Lab et ses partenaires, ont présenté les chiffres et les bonnes pratiques de la seconde édition du Panorama du pro bono. Cette étude répond à la volonté de suivre au plus près le développement et la structuration du bénévolat et du mécénat de compétences en France, afin de mieux les valoriser et les accompagner. 
 

Si le terme est encore peu connu du grand public, plus d'un français sur cinq pratique aujourd'hui le pro bono en partageant ses compétences, professionnelles ou personnelles. Une manière innovante de s'engager pour l'intérêt général, en pleine évolution. Mais où en sommes-nous réellement en France ?

L'édition 2019 du Panorama du pro bono a été réalisée avec le soutien de la Fondation Deloitte, la Fondation Société Générale, la Fondation Schneider Electric, la Fondation Groupe ADP, et en partenariat avec Le RAMEAU, l'Admical et l'Ifop. Cette étude a pour objectif d'estimer la notoriété et la popularité du pro bono (bénévolat/mécénat de compétences), d'analyser et mettre en lumière les pratiques des acteurs engagés en pro bono ou ses bénéficiaires, puis d'identifier les perspectives d'évolution et de généralisation de cette pratique. Après une première édition réalisée en 2016, Pro Bono Lab continue son travail d'investigation pour actualiser les principaux chiffres du bénévolat/mécénat de compétences en France. Cette année, trois grandes enquêtes ont été menées auprès des Français, des associations, des structures à finalité sociale et des entreprises engagées. Pour la première fois, Pro Bono Lab a choisi d'interroger plus précisément les aspirations des volontaires : étudiants, demandeurs d'emplois, professionnels, retraités ou en reconversion, comment vivent-ils ces engagements par le partage de compétences ? Qu'en retirent-ils réellement ? « Ce Panorama permet ainsi d'identifier les leviers et les freins aux pratiques du pro bono, d'en comprendre les enjeux et de déterminer les défis à venir. Un éclairage précieux, qui démontre une nouvelle fois tout le potentiel du pro bono, pour les individus et la société. ». Céline Laurichesse, Présidente de Pro Bono Lab.

  
Céline Laurichesse, Pro Bono Lab

 

RESTITUTION DES RÉSULTATS GRANDS PUBLIC, VOLONTAIRES ET STRUCTURES À FINALITÉ SOCIALE

La première partie sur les bénéficiaires du pro bono est présentée par l'équipe du Centre d'Expérimentarion de Pro Bono Lab : Anaïs Vincent-Luce, Chargée de projets et d'Expérimentation et Tatiana Heinz, Responsable du Centre d’Expérimentation et des Partenariats Internationaux. Quelques chiffres clés : 

  • Grand Public : 61% des Français se sont déjà engagés ou sont intéressés pour s’engager en pro bono. 30% ont déjà fait du pro bono ou en font actuellement, 31% n’en ont jamais fait mais se disent intéressés. La pratique du pro bono est très répandue auprès des Français bénévoles. Un chiffre très encourageant, qui montre l’attractivité du pro bono ! 
  • Structures à finalité sociale : 68% des structures à finalité sociale trouvent l’accès à l’accompagnement difficile.  
  • Volontaires : 84% des personnes interrogées qui font du mécénat de compétences souhaiteraient également faire du bénévolat de compétences et à l'inverse, 45% des personnes interrogées qui font du bénévolat de compétences souhaiteraient également faire du bénévolat de compétences. Ces chiffres révèlent que l’engagement pro bono reste avant tout personnel, et que si l’entreprise peut être facilitatrice, les volontaires préfèrent s’engager en dehors de leur temps de travail. Les chiffres font aussi écho à une question similaire posée dans le questionnaire IFOP  : les Français qui ont déjà fait du pro bono ou sont intéressés déclarent également préférer s’engager sur leur temps libre (85%).  

Pour réagir à ces résultats, sont venues sur scène trois partie prenantes de la Probono Factory 2018, programme d'intérêt général de Pro Bono Lab : une association, une volontaire et Pro Bono Lab, en tant qu'acteur intermédiaire. Valérie de Margerie, Présidente et co-fondatrice du Chainon Manquant, Angela Solari, Consultante Senior chez DXC Technology, volontaire et Marie Jouhault, Directrice de la Prospective et des Partenariats chez Pro Bono Lab, ont pu, à travers leurs témoignages et leurs échanges, faire émerger de bonnes pratiques et des tendances pour demain.

Enfin, Charles-Benoît Heidsieck, Président fondateur du RAMEAU, en tant que parole d’expert nous a apporté un éclairage supplémentaire sur les bienfaits et les besoins du pro bono auprès des structures à finalité sociale. A la question "Que faire pour que toutes les structures à finalité sociale aient accès aux compétences dont elles ont besoin d’ici 2030 ?", il répond par la nécessité d'engagement de la puissance publique et interpelle sur le rôle des intermédiaires : "Qui prend soin des "aidants" qui prennent soin des aidés ?". 

 

  
De gauche à droite :
Anaïs Vincent-Luce et Tatiana Heinz, Pro Bono Lab ;  Angela Solari, DXC Technology ; Valérie de Margerie, Chainon Manquant ; Marie Jouhault, Pro Bono Lab ; Flavie Deprez, Carenews ; Charles-Benoît Heidsieck, Le RAMEAU

 

RESTITUTION DES RÉSULTATS DES ENTREPRISES

Entreprises : 20% des entreprises mécènes proposent à leurs employés de partager leurs compétences. C'est l'une des données importantes de cette étude (Baromètre du mécénat d'entreprises 2018, Admical/CSA). Ce chiffre est supérieur de 9 points par rapport au chiffre de 2016 et concerne toutes les catégories d’entreprises, aussi bien les TPE, PME que les ETI et les grandes entreprises. Concernant les actifs Français, ce sont 61% qui ont déjà fait du pro bono ou qui sont intéressés. Le mécénat de compétences se développe donc en France. 

Sylvaine Parriaux, Déléguée générale de l’Admical, est venue nous donner un éclairage sur les persepcetives d'évolution du mécénat et du mécénat de compétences au sein des entreprises mécènes. Faisant allusion au récent Baromètre Cadre Emploi (18° édition), Sylvaine Parriaux appelle à recréer les liens entre les salariés et entreprises, notamment grâce à l'engagement par le partage de compétences. Alors que pour exprimer leur sentiment à l’égard de leur employeur, l’attachement était, en 2009, le premier qualificatif avancé par le panel Cadre Emploi, c’est aujourd’hui l’indifférence qui prime pour 23 % des cadres interrogés. "Il faut redonner du sens au sein de l'entreprise ! Le mécénat de compétences est justement un levier de développement du mécénat en général. En effet, le pro bono parle à l'individu avant de parler au salarié en faisant appel aux valeurs profondes et renforce la fierté d'appartenance". Ainsi, le pro bono est une réponse pertinente pour les RH d'une entreprise agile. 

Des chiffres qui ont fait réagir la table ronde, tout en s'accordant sur le fait "qu'en tant qu'entreprise, [nous] avons besoin des associations, pour avancer au sein de l'intérêt général" (Cécile Jouenne-Lanne, Directrice citoyenneté de la Société Générale). Ce que complète Guilène Bertin, Secrétaire Générale de la Fondation Deloitte, en disant "il faut professionnaliser l'engagement (...) la recherche de sens est historique, tous les âges sont en demande". Laure Kermen-Lecuir, Déléguée Générale de la Fondation Groupe ADP et Directrice de l’engagement citoyen du Groupe ADP, quant à elle, affirme que "Le mécénat de compétence doit rester un axe fort d'engagement" car comme le dit si bien notre Administratrice de Pro Bono Lab "le pro bono est l'engagement le plus engageant," Patricia Benchenna, Directrice Corporate Philanthropie de la Fondation Schneider Electric.

 
De gauche à droite : 
Sylvaine Parriaux, Admical ; Sylvain Reymond, Pro Bono Lab ; Laure Kermen-Lecuir, Fondation Groupe ADP et Groupe ADP ; Cécile Jouenne-Lanne, Société Générale ; Patricia Benchenna, Fondation Schneider Electric ; Guilène Bertin, Fondation Deloitte ; Flavie Deprez, Carenews

 

Pour découvrir la totalité du Panorama du pro bono, cliquez-ici 

 

Nos partenaires relais :

Tous bénévoles - France Bénévolat - RNMA (Réseau National des Maisons des Associations) - La Fonda - IDEAS - ADASI - Barreau de Paris Solidarité, fonds de dotation - Carrefour des associations parisiennes - Ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse - Carenews.

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