Toute compétence est un bien public.

Entretien avec Stéphane Stoll, Secrétaire Général de ETDE et volontaire au Marathon HEC

11 Octobre 2012 par Marie Beaumont

 

"C'est très valorisant de pouvoir apporter une aide à ces associations et de se sentir utile !"

 

Stéphane Stoll est directeur financier et Secrétaire Général ETDE, une filiale de Bouygues Construction. Il a participé à un Marathon en tant que salarié volontaire. 

Le 31 mai 2012, le premier Marathon pro bono étudiant a mobilisé sur le campus d'HEC Paris des équipes d'étudiants et de managers de Société Générale, Bouygues Construction et Generali en mécénat de compétences. L'objectif des équipes volontaires ? Accompagner le développement de 6 associations au cours d'une journée marathon. Comment ? Tout d'abord en proposant des formations d'une matinée en comptabilité, en communication digitale et en gestion des RH bénévoles. L'après-midi, les équipes ont accompagné les associations sur leurs problématiques spécifiques. Comment recruter et fidéliser des bénévoles ? C'est la question à laquelle a répondu l'équipe de Stéphane pour l'association étudiante Action pour le Bénin.

 

A quelles compétences avez-vous fait appel ?

Les compétences n’étaient pas tellement techniques, nous n’y avons fait appel que ponctuellement. Dans l’atelier auquel j’ai participé, nous avons surtout partagé nos expériences professionnelles. Nous avons aidé les administrateurs de l’association en termes d’organisation, de management, de foi en leur projet, d’approche pragmatique de « solutionnement » des problèmes.

 

Quel a été l’impact de cette mission pour l’association ?

Je pense que nous leur avons appris à prioriser les sujets, à faire des choix, à s’organiser et aussi à gérer l’aspect managérial de leur structure. Ce qui manque à ces associations et à ces étudiants, c’est l’expérience des situations. Or, nous avions tous de nombreuses années d’expérience

 

Quelle a été votre source de motivation pour participer à ce projet à HEC Paris ?

Je suis un ancien d’HEC, c’est toujours rafraîchissant de rester aux contacts des jeunes. Cela permet de s’apercevoir que les mentalités évoluent de génération en génération, que les gens changent, tout comme les centres d’intérêts. L’objectif était aussi de chercher à attirer des talents. C’est un excellent vecteur pour être au contact de ceux qui seraient susceptibles de travailler chez nous. Par ces projets, nous pouvons créer un lien un peu personnel. A titre personnel, je suis régulièrement sollicité pour du sponsoring strictement financier, mais cela ne m’intéresse pas. Par contre, ce type de projets est bien plus intéressant.

 

Quelle satisfaction avez vous retiré de ce Marathon pro bono ?

De nombreuses personnes dans les entreprises n’ont pas beaucoup de temps pour s’investir dans des actions associatives sur la durée. Mais ils peuvent pour autant avoir envie de ce genre de projet ponctuel. C’est très valorisant de pouvoir apporter une aide à ces associations et de se sentir utile dans un cadre différent de celui du travail de tous les jours ! C’est sans doute un vrai plus pour une entreprise de pouvoir offrir une telle opportunité à ses collaborateurs.

 

Quels conseils avez-vous donné à l’association ?

C’est à Pro Bono Lab que j’ai des recommandations à faire. Au-delà du modèle associatif, il y a un modèle économique qui peut être utilisé également auprès des toutes petites entreprises. Il faut que Pro Bono Lab trouve un modèle économique pour que son action dure, les entreprises doivent être prêtes à payer quelque chose, au-delà de couvrir les seuls frais de ces « marathons ». Toutes les grandes entreprises dépensent des sommes souvent importantes pour payer des formations de développement à leurs collaborateurs, ont des fondations pour aider des associations, etc. Et beaucoup d’entre elles cherchent à se rapprocher du monde associatif et des TPE, mais sans avoir les passerelles pour le faire. 

 

Pro Bono Lab en un mot ?

C’était un moment agréable, sympathique et rafraichissant. Oui, rafraichissant, je dirais que c'est le terme qui me vient en premier à l'esprit.

 

Une expérience à partager ?

Oui, j’en ai parlé autour de moi. J’ai recommandé ce type de projets à d’autres personnes. Il suffit de dégager une ou deux journées par an, tout le monde peut le faire.